Personnages présents
- U.S.B., Occulteur Chroniqueur de Borca ;
- Tai Wa Misri, Hondo Fléau Afrikain d'origine Hyprispanienne ;
- Daktari, Guérisseur Anubien Afrikain.
Date de la séance
30 janvier 2026
Déroulement de la séance
Après avoir traversé les ruines de Nantes, le groupe roule encore deux petites heures avec l'objectif de s'éloigner suffisamment d'éventuels regards indiscrets pour qu'U.S.B. localise l'origine du signal répondant à l'Héritage de Jéhammet. Toutefois, des bandits - probablement des Druines de Kernunos - sortent de la forêt voisine pour tenter de les submerger. Ni une, ni deux, les buggies fendent à travers les assaillants et parviennent à les semer. Quelques heures plus tard, le Chroniqueur se montre incapable de localiser le signal. L'humidité ambiante, cette couche épaisse de bruine qui s'infiltre partout, altère probablement les ondes.
À défaut de savoir exactement où se rendre, nos protagonistes pénètrent dans le secteur d'une petite bourgade dans l'espoir de passer la nuit chez l'habitant. Un patrouilleur britoni les intercepte et les interroge, affichant une xénophobie certaine face aux individus patibulaires qui prétendent vouloir se reposer. En dépit de sa méfiance, il accepte de les mener à Godefroid, un homme jouissant d'une bonne réputation dans la région. Ce Godefroid leur propose un marché : s'ils arrivent à chasser du village un Ganaride responsable de l'enlèvement d'enfants et d'autres rites impies, alors il consent à les héberger.
Le monstre en question est un jeune homme revenu au village après des années passées comme faux-bourdon du Roi Ganaress. Ses parents le protègent face à la malveillance des habitants - ce que Godefroid présente bien sûr comme un acte désespéré et aveugle de leur part. Le groupe accepte l'offre, autant par curiosité que par nécessité. S'approchant de la maisonnette où vivent le Ganaride et ses parents, les protagonistes entendent une discussion difficile, mélangée à des sanglots, entre des parents et leur fils. Ce dernier, "Frédéric", dit ressentir un appel, une incitation presque irrésistible à se rendre "vers l'eau". Qu'à cela ne tienne, nos trois larrons frappent à la porte et parviennent très difficilement à convaincre la famille de s'entretenir avec eux. Cependant, lorsqu'ils mentionnent le nom de "Frédéric" - l'humanisant, au contraire des habitants qui le traitent de monstre - et qu'ils assurent vouloir les aider, le vieil homme aux abois se montre intéressé. Ils suggèrent à la famille de se rendre au-delà des ruines de Nantes, dans le hameau où se trouve un autre Ganaride rencontré quelques jours auparavant. Pour les aider à payer la traversée des ruines, ils leur offrent même un revolver, dont la valeur marchande devrait suffire à couvrir les frais. Confondu par tant de bonté, le père ne peut qu'offrir quelques renseignements généraux sur la situation en Briton. C'est Frédéric qui leur dévoile des informations plus édifiantes : il parle de "Malinesse", la reine faux-bourdon choisie par Ganaress. Elle serait à l'origine de l'appel qui le tiraille. Il mentionne également une certaine "Vega", une doctoresse spitalière qui aurait relâché les Ganarides dans la population il y a quelques années, alors que la plupart de ses confrères préférait les garder en captivité. Forts de ces informations, nos protagonistes annoncent le départ de la famille à Godefroid, qui tient sa promesse et les héberge pour la nuit. Durant le repas, l'hôte ne cache pas sa sidération lorsqu'il entend parler des voix qui hantent Frédéric et s'avoue d'autant plus rassuré de le savoir parti. Il mentionne que Yasen le Miséricordieux, un Anabaptiste de Rennes, sera probablement satisfait de voir un Ganaride de moins dans la région.
Tai profite de la quiétude nocturne pour colporter des nouvelles. Il identifie un homme richement vêtu, qui dîne en solitaire devant une petite taverne. Les gens du crû le présentent comme un Oppolide, un des enfants du Roi Oppolus. Tentant sa chance, le Fléau lui adresse la parole, mais se voit immédiatement snobé par le rejeton royal. Bien que le groupe soit habitué au mépris, il faut avouer que le ton particulièrement hautain de cet Oppolide, du nom de Gwenndal, donne un arrière-goût plutôt enrageant à ce rejet. Quoiqu'il en soit, Tai regagne la demeure de Godefroid sans causer d'esclandre. De son côté, U.S.B. ne parvient toujours pas à localiser la source du signal répondant à l'appel de l'Héritage. Il lui faudra retenter sa chance le lendemain matin, après une bonne nuit de sommeil, pour découvrir enfin leur destination : Brest. La capitale de Briton.
Étant donné que le groupe profite d'une situation plutôt avantageuse, où le temps ne presse guère et les menaces semblent limitées, Daktari met son entraînement d'Anubien à profit pour synthétiser un remède. Cette opération peut lui valoir jusqu'à trois jours de coma. Pour autant, le robuste Guérisseur résiste admirablement à l'effet du Fruit de la Duat : il ne ressent qu'un léger malaise pendant une petite heure, durant laquelle son corps traite le poison ingéré afin de le catalyser. Il mélange alors son sang altéré à de l'huile de morse fournie par Godefroid, pour obtenir une mixture à même de soigner la Sepsie, si jamais le groupe devait y être exposé. En milieu d'après-midi, les protagonistes quitte la résidence de Godefroid pour reprendre la route en direction de Rennes. Ils atteignent la cité fortifiée en début de soirée, accueillis par une escouade composée de Résistants et de Spitaliers.

À l'intérieur des murs de Rennes, les Spitaliers et les Anabaptistes règnent en "colocataires", mais la tension entre les deux cultes ne passe pas inaperçue, même aux yeux de visiteurs occasionnels. Les patrouilles se croisent sans se saluer, les quartiers semblent acquis à l'un ou à l'autre et la population semble plutôt pencher du côté des Anabaptistes. Le groupe se rend à une Distillerie locale qui fournit également des lits, puis Daktari et Tai tentent de vendre un revolver sur la place du marché. Ils trouvent un Anabaptiste qui propose de le racheter pour à peine plus de la moitié de sa valeur marchande, un prix que nos deux compères refusent. À la nuit tombée, la plupart des Anabaptistes se rassemblent autour d'un prêche endiablé, aussi Tai et Daktari abandonnent leur recherche et retournent bredouilles à la Distillerie. U.S.B., lui, ne s'est pas embarrassé pour revendre un autre revolver pour à peine la moitié de sa valeur marchande au tenancier de l'établissement. L'équipe passe la nuit, et profite du matin pour récupérer des informations, en particulier sur l'animosité palpable entre les deux cultes. Daktari rencontre Yannick, un cadet de la Résistance qui prend des nouvelles de Toulouse et de la Générale Marceau. Il avoue son admiration pour le travail des Anabaptistes en Briton, les considérant comme des héros pour avoir stabilisé une région réputée difficile. Il dévoile que la rancoeur des Anabaptistes à l'égard des Spitaliers tire sa source de l'inaction du culte hygiéniste lorsque Ganaress a attaqué le Mont Saint-Michel, laissant les Anabaptistes se défendre seuls contre le Phéromancien. Yannick parle également de son instructeur, Barnat le Basque, un résistant hybrispagnol, qu'il semble porter en haute estime. De son côté, U.S.B. trouve un Anabaptiste causant - "Onze", de son prénom - qui libère sa parole après avoir bu quelques verres. L'homme ne mâche pas ses mots par rapport aux Spitaliers, qu'il considère ouvertement comme des lâches et des traîtres à leur propre cause. Il mentionne que l'Émissaire Yasen prêche régulièrement pour appeler à se détourner de la doctrine scientiste spitalière. Lorsqu'U.S.B. parle de son camarade Karol, Onze le reconnaît alors comme un des apôtres du Saint Karol. Il semblerait que la réputation du groupe n'est plus à faire dans la région. U.S.B. profite ainsi de l'occasion pour surfaire la grandeur de Karol, racontant avec détails la manière dont il a pourfendu faux-bourdons et psychonautes sans défaillir, attirant l'attention d'une poignée d'autres Anabaptistes intéressés par son récit.
Lorsqu'ils se retrouvent, nos protagonistes choisissent de mettre la main sur un Spitalier enclin à leur parler de cette étrange affaire concernant le Mont Saint-Michel. Ils rencontrent un Garde-Tempête au repos. L'homme ne nie pas les faits reprochés à son culte : lorsque Ganaress a soudainement bifurqué vers le Nord, délaissant Rennes pour le Mont Saint-Michel, le Chef de Clinique Ruytman a profité de ce répit inattendu pour consolider les positions spitalières sur place, pensant la place-forte Anabaptiste irrémédiablement perdue. Le Garde Tempête insiste sur le fait que personne ne croyait à une victoire de la Croix Brisée, aussi l'attitude de son supérieur était parfaitement rationnelle. Quant à ce Ruytman, il s'est donné la mort il y a quelques mois, dans des conditions que le Spitalier ne comprend pas. Décidément, le culte hygiéniste n'a guère la vie facile en Briton !
Quelques heures de route après avoir quitté Rennes, le groupe tombe sur un cadavre spitalier, manifestement charrié par le courant de la rivière voisine. Daktari parvient à identifier la cause de la mort, en dépit de l'état de décomposition du corps : un coup de lame précis, porté au cœur. Le Spitalier a probablement été jeté dans la rivière après l'avoir reçu. Sur lui, un dossier de cuir a été largement abîmé par le temps passé dans l'eau, bien qu'une série de rapports semble encore déchiffrable. Il faudra encore deux jours de route à travers le massif armoricain pour atteindre sa capitale, Brest.