Personnages présents
- U.S.B., Occulteur Chroniqueur de Borca ;
- Tai Wa Misri, Hondo Fléau Afrikain d'origine Hyprispanienne ;
- Daktari, Guérisseur Anubien Afrikain ;
- Petr Vorbitov, Sapeur Hellvétique des Balkhans.
Date de la séance
20 février 2026
Déroulement de la séance
Lorsqu'ils entrent à Brest, les protagonistes sont reconnus comme les acolytes du Saint Karol, aussi les gardes leur laissent conduire leurs buggies jusqu'aux entrepôts de Godasse, le quartier ouvrier de la ville. Là, ils trouvent un pêcheur nommé Tanguy, qui accepte d'héberger leurs chars de métal contre une dizaine de lettres de change par jour. Le groupe profite de la relative quiétude de l'entrepôt pour trianguler le signal répondant au Disque et à l'Étoile de Jéhammet - contre toute attente, la localisation s'avère facile. La source se situe entre les quartiers de Unir et de l'Arc, respectivement la zone résidentielle principale et le quartier des divertissements. Avant de se précipiter tête baissée dans un piège éventuel, la petite équipe se disperse à travers la ville pour en tâter le pouls.
- U.S.B. se fait mettre en garde par un badaud que consommer de la Brûlure à Brest conduit rapidement à la mort. Il semblerait que la place principale de la ville serve également pour les exécutions, d'où son sobriquet de "Fosse de Sang". Plus tard, le Chroniqueur renégat s'entretient avec un Ferrailleur qui lui parle de la "Plateforme Alpha", prétendant qu'il aurait bientôt fini son mandat et qu'il pourrait en prendre un autre prochainement. Malheureusement, U.S.B. se perd dans ses mensonges et attise la méfiance de son interlocuteur.
- Tai se fait alpaguer par un local qui lui parle des chiens de Brest. Si le sujet de conversation peut surprendre, le Britonni explique rapidement que la ville est célèbre pour son élevage, tenu par Corentin et Maëlle, si bien que des Afrikains viennent de loin pour en acquérir à prix d'or. Dans sa quête d'information sur la machine qui aurait élu domicile au sein de la Forêt des Druides, le Fléau recoupe également différents témoignages stipulant que les bandits visent les convois porteurs de technologie. Il en conçoit la conviction que cette machine et le fameux Kernunos révéré par les Druides pourraient être la même entité.
- Petr apprend que la population locale accuse les Spitaliers, qu'on affuble du sobriquet "têtes d’œuf", d'avoir créé les Ganarides, puis de les avoir relâché dans la nature. Son interlocuteur prétend en effet que les anciens serviteurs de Ganaress se cachent parmi la population, de même que leurs "géniteurs", si bien qu'il souhaite s'offrir les services de protection de l'Hellvétique. Quelques heures plus tard, alors qu'il continue d'explorer Brest, Petr rencontre un Orgiastique méditatif qui le met en garde au sujet de Yasen le Miséricordieux. Selon lui, l'homme est dangereux. Il rejoint Brest tous les ans pour le Jour de Ganaress. À cette occasion, il s'installe à la Cruche Vide avec ses sbires, puis saisit quelques "hérétiques" au hasard pour les exécuter publiquement. L'Orgiastique ne porte guère Yasen dans son cœur et prévient Petr de faire profil bas lorsqu'il sera là.
- Daktari se fait passer pour un Néolybien désireux d'investir dans les infrastructures de Brest. Il rencontre ainsi Gaëlle, une rustre électricienne qui serait, selon elle, engagée par un certain Parel pour entretenir les câbles qui acheminent l'électricité à Godasse. Le barrage de la lointaine Morlaix produit l'essentiel de l'énergie de la région. Daktari continue son manège et rencontre ensuite un Anabaptiste qui lui conte à quel point le grand Roi Oppolus est aimé des siens. L'homme règne sur Brest depuis 40 ans et ne souffre d'aucun signe de vieillissement. Magnanime, il semble sincèrement apprécié tant par les Anabaptistes que les Britonni, d'autant qu'il fut l'un des architectes récents de l'union des deux groupes. Malheureusement, le Roi est trop occupé pour recevoir des visiteurs, bien qu'il ouvre les portes de sa salle des trophées à l'occasion du Jour de Ganaress.
Une fois ces nombreux renseignements récoltés, le groupe se retrouve en fin d'après-midi à l'intersection des quartier de l'Arc et d'Unir. Une petite virée à la Flasque, une auberge huppée à la cuisine aussi dispendieuse que merveilleuse, offre suffisamment d'intimité pour trianguler à nouveau le signal. U.S.B. se dépasse : il localise le signal autour de Godasse, désormais, et en déduit qu'une personne a l'air de se déplacer avec le récepteur. En triangulant ses mouvements, le Chroniqueur comprend même que cet individu est en train de remonter la trace de leur propre signal, comme si le chasseur pouvait ironiquement devenir la proie. Nos protagonistes conviennent de remonter le fil de leur cheminement en tentant de repérer qui pourrait bien les suivre ainsi. Malheureusement, Brest compte bien des visiteurs en cette période de l'année, et il semble difficile de repérer le porteur d'un terminal dont la forme demeure inconnue dans la foule. Pour autant, nos larrons parviennent à découvrir la présence de deux visages complètement inattendus parmi les Britonni : Vatenguerre et Bascule, les deux Préservistes rencontrés à Bayonne. Ce dernier a d'ailleurs récupéré de ses blessures, bien que sa mâchoire a été remplacée par une structure métallique. Ils sont accompagnés d'une troisième Spitalière équipée d'un engin de localisation et d'un pistolet à seringue. Tous trois semblent suivre une femme rousse à l'allure étrange, qui chantonne au milieu des badauds rassemblés sur les quais pour voir un baleinier ramener son incroyable prise, un véritable orque de l'Atlantique. Lorsqu'il pressent un coup fourré, U.S.B. se faufile derrière la Spitalière et la menace de son arme, lui intimant l'ordre de ne pas s'en prendre à sa cible. La surprise se lit sur le visage des trois suspects, d'autant que les Préservistes ne s'attendaient absolument pas à voir le groupe ici. Pendant ce temps, un vacarme monstrueux résonne au bout du quai, suivi d'un mouvement de panique. Une sorte de monstruosité mutante s'est échappée du ventre de l'Orque et s'en prend aux pêcheurs qui l'ont ramenée à terre. Si U.S.B. maintient les Spitaliers en respect, Tai et Petr arrosent abondamment le monstre de balles cependant que Daktari se précipite sur l'un des pêcheurs blessés. Après pas moins d'une dizaine de tirs, le monstre s'affaisse, non sans avoir emporté une de ses victimes dans la mort. Daktari parvient miraculeusement à stabiliser l'état du pêcheur blessé.

Pris de court, les Spitaliers réagissent en libérant une grenade fumigène qui leur permet de filer en douce. U.S.B. les accuse publiquement d'être responsables de la catastrophe, jouant sur la méfiance des Britonni face au Culte hygiéniste. Lorsque la vapeur se dissipe, une troupe d'Anabaptistes arrive sur place et appréhende le groupe avec ménagement, eu égard à leurs actions remarquables. Seul Tai évite la garde. Petr lui a indiqué la direction dans laquelle l'énigmatique femme rousse s'est enfuie, aussi le Fléau la poursuit-il jusqu'à la Chapelle des Flots surplombant une falaise. Au pied du mur, elle se retourne et dévoile les nombreuses blessures barbares que les Spitaliers lui ont infligé : Tai suppose qu'elle n'est autre que Malinesse, ce qu'elle confirme sans mystère. En contrebas, un groupe de chasseurs à jet-skis interpelle Tai, l'accusant de malmener une pauvre femme sans défense. La diversion suffit pour que Malinesse se jette dans l'océan, devant les yeux incrédules des chasseurs qui réalisent avoir mal lu la situation. Ils s'excusent platement, dévastés d'avoir assisté à un suicide, et convient Tai à la Défense ce soir pour s'excuser et noyer leur traumatisme dans l'alcool.

Lorsque Tai revient au port, il voit ses camarades être emportés par la garde en direction du château d'Oppolus, où ces derniers rencontrent le Maître de Chapelle Tronte. L'homme, affable, procède à un interrogatoire sur les événements survenus au port, puis enchaîne avec quelques questions générales sur la raison de la présence du groupe à Brest. Il est interrompu par le Roi Oppolus en personne, qui gracie immédiatement nos protagonistes, car le vieux souverain ne souhaite pas alimenter la rancœur et les troubles à quelques jours de l'arrivée du Sublime Vicarent à Brest, malgré les protestations de Tronte. Le Maître de Chapelle se voit bien forcé de raccompagner ses suspects hors du château, non sans leur demander de bien vouloir lui signaler tout événement étrange dont ils pourraient être témoins. Nos héros en restent pantois : c'est bien la première fois qu'un individu de la stature d'un Roi leur montre de la bonté en ce monde !
Le groupe se réunit à nouveau et se dirige vers la Défense, à la suggestion de Tai. Là, les chasseurs les accueillent en leur payant une tournée. Ghilvern, le plus engageant du trio, invite ses convives à passer aux enchères le lendemain matin. Il paraît que de véritables trésors peuvent se trouver parmi les babioles rapportés par les Ferrailleurs et dont les Chroniqueurs ne veulent pas. Le Distillat coule à flot, ainsi que les paroles et sans grande surprise, la Défense devient le théâtre d'une rixe entre certains clients. Cette fois-ci, c'est un certain "Parel" qui est pris à parti par trois Britonni en colère, dirigés par un homme qui l'accuse d'avoir manqué de respect à sa femme. Lorsque le meneur sort un couteau, le groupe réagit. U.S.B. utilise son redoutable vocodeur pour soumettre la volonté des locaux superstitieux. Lorsque le malentendu est dissipé, ce "Parel" invite ses sauveurs sur son île, où il leur promet gît et couverts gratuits en remerciement de leur aide. En fait, il semble surtout très anxieux à l'idée de rentrer seul chez lui, sachant que ce genre d'incidents semble assez fréquent. En chemin, il explique au groupe être un Loup de Sel, un Ferrailleur de haut rang responsable des infrastructures de Brest. Il engage régulièrement des collègues pour l'assister dans les tâches de maintenance, et dispose d'un vaste entrepôt et d'une petite bande de "Souris" - des jeunes Ferrailleurs en devenir qu'il forme lui-même. Une fois arrivés sur l'île de Parel, le groupe ne peut que constater la véracité de ses propos. À mi-chemin entre une caverne des trésors et un dépotoir insalubre, le site ne manque pas de confort et les adolescents qui accompagnent Parel sont serviables, à défaut d'être très respectueux.

Alors qu'ils profitent de caramels et d'un bon café - ou d'un thé, pour Daktari - les protagonistes rencontrent une autre invitée de l'île de Parel. Celle-ci se montre autrement plus désagréable. Garlène fait irruption brutalement dans la salle, jetant un froid presque palpable sur l'assemblée. Elle invective son hôte, l'accusant de ne pas avoir respecté leur contrat en invitant des étrangers sur place. Confus, Parel tente de la calmer, mais ses efforts ne font que l'agacer encore plus. Lorsqu'U.S.B. émet l'hypothèse qu'elle est recherchée, c'en est trop pour la Ferrailleuse, qui sort en trombe de la pièce. À peine a-t-elle quitté la salle que toutes les sources d'électricité de l'île s'éteignent subitement. Parel change d'attitude : jusqu'ici mielleux, il devient soudainement sûr de lui et coordonne les efforts des Souris pour rétablir le courant. La radio du groupe se met à grésiller étrangement, titillant l'intérêt du Loup de Sel qui cherche à comprendre comment une onde aurait bien pu causer un tel chaos. Quelques minutes plus tard, l'énergie revient aussi vite qu'elle est partie, laissant tout le monde parfaitement dubitatif. U.S.B. s'assure que le Disque et l'Étoile n'ont rien : apparemment, ils ont répondu à un "appel" d'une puissance inimaginable, comme si quelqu'un cherchait à les faire communiquer. Quand Parel apprend que Garlène a quitté son île, il propose à nos protagonistes de se choisir un endroit tranquille où passer la nuit pendant qu'il se précipite à sa suite.
Désormais seul avec les Souris, le groupe les interroge au sujet de cette Garlène. La Ferrailleuse est une habituée du coin, qui revient de temps à autre sur l'île pour gagner sa croûte alors que Parel manque à chaque fois de la séduire, ce qui ne la rend que plus intéressante à ses yeux. Cette fois-ci, cependant, elle semble extrêmement fatiguée et irritable, et Weilam - l'aîné parmi les adolescents - émet l'hypothèse que son travail sur "la plateforme" a peut-être été plus éprouvant que d'habitude. Après cette première journée mouvementée à Brest, notre petite bande s'accorde pour ne pas retarder une bonne nuit de sommeil. Demain, ils auront fort à faire s'ils veulent profiter des enchères ou progresser dans leurs recherches.
