Personnages présents
- Alara, Danseur nubien rompu à la société à la haute société de Ouaset ;
- Aroueq, Fils d'une famille nantie et puissante honteux de ses privilèges ;
- Iouni, Jeune jardinier contestataire du Port Sud ;
- Mery-Amon, Scribe aventurière au sens de la déduction aiguisée.
Date de la séance
03 mai 2026
Déroulement de la séance
Alors que l'épouse de Houni se remet lentement de ses émotions, le groupe réfléchit à l'intrigue tentaculaire qui se déroule devant eux. Ils se souviennent d'un des noms prononcés par Néhitor - "Menkhâré", poussant Aroueq à se creuser les méninges pour se souvenir d'où il connaît ce nom. De mémoire, il s'agirait d'un peintre vivant à la Place de Vérité (ou Maât), réputé pour son travail exemplaire sur les sarcophages de notables. Lorsqu'ils s'interrogent sur le but des violences dont Néhitor et Houni ont été victimes, Mery-Amon émet l'hypothèse d'une forme de mutilation empreinte de colère : l'on brise les doigts d'un charpentier pour l'empêcher d'utiliser ses mains, on coupe la langue d'un prêtre-embaumeur pour l'empêcher de pratiquer ses rituels... et, peut-être, l'on crève les yeux d'un peintre pour l'empêcher de voir ses œuvres. Convaincus par cette idée, nos protagonistes se ruent vers la Place de Maât, de l'autre côté du Nil, en persuadant un vieux pêcheur de les conduire à travers les canaux menant vers le quartier des ouvriers royaux.
La Place de Maât
Arrivés à l'entrée de la Place de Maât, nos protagonistes envisagent différentes méthodes pour entrer dans le quartier sécurisé. Aroueq, Alara et Mery-Amon tentent de demander une audience avec Menkhâré, attisant la surprise et la curiosité des gardes, et lorsqu'Aroueq joue de ses relations pour appuyer les tentatives maladroites de négociation de Mery-Amon, ils découvrent que le quartier est en train d'organiser une grève pour exiger de Pharaon qu'il leur livre les biens qui leur manquent. Pour autant, le statut de membre du Trésor d'Aroueq incite les gardes à se montrer conciliants, en ceci que les ouvriers prouvent ainsi leur bonne foi en vue de négociations ultérieures. Le groupe peut donc entrer dans la Place de Vérité, suivi par Iouni qui parle de langage de la révolution pour se faire accepter dans le quartier sans difficulté. À l'intérieur, un scribe du nom d'Amennakht leur pointe la maison de Menkhâré, mais force est de constater que le groupe arrive trop tard : comme le pensait Mery-Amon, quelqu'un en voulait à sa vue, mais le forfait a déjà eu lieu il y a un mois. Menkhâré accueille ses interlocuteurs et libère son cœur sans détour : il les mène dans le désert, là où trône un petit tombeau discret... appartenant à Paser. Le peintre dévoile qu'il y a cinq ans, lui et ses amis ont été choqués d'entendre que Paser avait été condamné à la mort et la destruction par la justice de Pharaon, sous prétexte d'avoir attenté à la vie de Nebmâatré, le fils de son seigneur Néferka. Il leur semblait complètement absurde que le bon scribe ait pu commettre un tel crime, lui qui était intègre et aimé de tous. Ainsi, Menkhâré, Houni, Néhitor et l'orfèvre Héfat, tous quatre amis de Paser, mirent leurs talents en commun pour défier Pharaon et lui offrir une sépulture digne. Ce blasphème pèse lourd sur leur âme, mais ils ne pensaient pas en payer le prix de leur vivant. Menkhâré raconte que son agresseur l'a brutalisé et interrogé sur la position du tombeau de Paser, qu'il compte trouver pour le "renvoyer là où il aurait dû être". Malheureusement, le peintre ne sait guère pourquoi le scribe a été accusé du crime, sinon qu'un jardinier, un certain Montouhotep, aurait témoigné contre lui. Il explique également avoir pris soin de Hori, la veuve de Paser, et de ses enfants dans le quartier de l'Abeille, depuis qu'elle est frappée de l'infamie de son mari. Après son agression, Menkhâré ne pouvait plus assumer ce rôle, aussi Néhitor s'est-il dévoué pour cette tâche. Entre Héfat assassiné il y a six semaines, Menkhâré laissé pour mort il y a un mois, Néhitor et Houni agressés le jour même, il semblerait effectivement qu'une personne bien informée en veut aux "conjurés".
De nuit, le groupe ramène donc ce précieux témoin chez lui avant de rentrer à Ouaset en barque, à destination du Port Sud. Alara et Iouni passent la nuit chez ce dernier, veillant sur un Néhitor comateux, puis nos enquêteurs se rejoignent au petit matin. Là, Iouni rencontre Horeb, son superviseur, qui semble connaître un peu Montouhotep : selon lui, l'homme est plus à l'aise avec les plantes qu'avec les humains, mais il ne le connaît guère personnellement. Il travaille bien pour Néferka, et ce depuis des années. Montouhotep semblerait plutôt grand et sec, donc il ne correspond pas à l'agresseur de la veille. Il aurait également un fils qui a rejoint l'armée. Forts de ces informations, nos protagonistes se décident à visiter le quartier de l'Abeille, où la misère généralement cachée de Ouaset se dévoile dans toute son indignité. Ils parviennent à identifier Hori par l'entremise d'un ami de sa fille Naunet, mais la femme se montre initialement très hostile, voire ouvertement agressive à leur encontre. Lorsqu'Alara lâche, de but en blanc, qu'ils pensent Paser innocents et qu'ils souhaitent comprendre ce qui s'est passé, Hori fond en larmes et fournit quelques nouvelles précisions incriminantes concernant Montouhotep. Pour elle, la situation ne souffre d'aucune ambiguïté. Montouhotep a été acheté et la honte le ronge, car il ne peut soutenir son regard. Elle ne sait guère qui aurait pu être à l'origine de cet acte, mais mentionne que Khoufou, un scribe ayant chroniqué les avancées de l'armée de Toutmès III, a probablement hérité du poste de Paser auprès de Nebmaâtré. À ce stade, le faisceau de preuves pointe en direction du domaine de Néferka, mais il semble difficile d'y pénétrer pour s'entretenir avec le jardinier. Nesamon pourrait-il débloquer la situation ?
Plus de contexte sur la première grève de l'Histoire ayant pris place à Deir el-Medina / La Place de Maât.