Personnages présents
- Alara, Danseur nubien rompu à la société à la haute société de Ouaset ;
- Aroueq, Fils d'une famille nantie et puissante honteux de ses privilèges ;
- Iouni, Jeune jardinier contestataire du Port Sud ;
- Mery-Amon, Scribe aventurière au sens de la déduction aiguisée.
Date de la séance
19 juin 2026
Déroulement de la séance
Rê finit sa course dans le ciel, cependant que nos protagonistes planifient la danse d'Alara offerte par Aroueq. Il faudra que notre soliste passe un message discret, mimant subtilement des actes qui rappellent la violence des tentatives de meurtre dont ils furent témoins ou qu'on leur a rapportés, dans le dessein de provoquer une réaction chez le coupable. À l'heure H, les convives se rassemblent, assis en U sur des nattes confortables ou des chaises basses, tout autour d'Alara et des musiciennes au service de Nesamon. Lorsque Néferka se montre enfin, il semble en bien piteux état : des marques décolorées sur sa peau, des bras fins comme des roseaux, une attitude souffreteuse... tout porte à croire qu'il est mourant. À ses côtés se tient Mérymès, son frère ex-militaire qui se montre très soucieux de sa santé. Si Aroueq se tient parmi les dignitaires et que Mery-Amon reste dans la foule, Iouni profite de l'occasion pour se faufiler jusqu'aux appartement des gardes afin d'y dérober un équipement à peu près standard. Grimé en membre de la sécurité, notre jardinier pourra plus aisément se mouvoir parmi les colonnades.
Iouni aperçoit une ombre glaçante non loin des baraquements, un masque mortuaire qui s'anime dans la nuit, tel un spectre. La silhouette se déplace jusqu'aux rangées d'arbres qui font face au spectateurs, trop médusés par la prestation d'Alara pour la remarquer. Le fantôme fixe quelqu'un : Mérymès. Iouni, effrayé, hésite à s'approcher - son esprit lui dicte d'agir, mais son corps lui refuse tout mouvement brusque en sa direction. À en juger par ses atours funéraires, il s'agit du fantôme d'un scribe. Paser, à n'en pas douter. Parmi les convives, Mery-Amon se rapproche lentement de Mérymès pour analyser sa réaction lorsque la danse illustre ses probables méfaits. Nos enquêteurs ont vu juste. L'homme ne parvient pas à cacher son malaise et son agacement, détournant son regard du danseur quelques instants, le laissant se porter au loin... jusqu'à se fixer sur ce fantôme qui le toise, qu'il semble être le seul à avoir vu. L'ex-militaire ne tient plus en place. Il profite de la fin du spectacle pour s'éclipser promptement, coupant court aux tentatives de contact de Mery-Amon. Aroueq et Alara suivent la procession vers la résidence intérieure pour la seconde partie de la représentation. Dans l'obscurité, Iouni improvise un bouquet de fleurs à la signification "pacifique", qu'il jette en direction de la silhouette spectrale. Celle-ci le ramasse nonchalamment, puis semble se fondre à travers l'enceinte intérieure, laissant notre jardinier pantois. En désespoir de cause, il se faufile par la porte principale à la suite de Néferka et des dignitaires.
Quelques minutes plus tard, le jeune Nebmaâtré rejoint son père pour la seconde partie du spectacle, prenant la place de Mérymès. Alara opte pour une danse incarnant la victoire d'Horus sur Seth, lui qui tua son frère de jalousie. Comprenant le message caché, Néferka congédie les convives pour se retrouver seul avec Aroueq et Alara, qui lui avouent avoir un message à lui transmettre. En vérité, Aroueq se fend d'un plaidoyer si convaincant que le Grand Prêtre ne peut qu'être à l'écoute. Mery-Amon "s'absente" pour retrouver Iouni dans la cours, et tous deux s'introduisent dans le pavillon privé de la famille de Néferka. Du côté de Nebmaâtré, Mery-Amon découvre une abondante collection de papyrus et de rapports sur le procès de Paser, laissant croire que le fils sait quelque chose sur l'affaire qui l'a concerné de près. Dans la chambre de Mérymès, Iouni observe un Khopesh militaire prêt à l'emploi, mais les lieux semblent occupés par quelqu'un. Il préfère donc éviter les ennuis, et se rabat sur la chambre de Néferka, dont l'envergure n'a d'égal que son absence d'indices. Rebroussant chemin, le jeune jardinier rencontre Nebmaâtré en personne, qu'il parvient à duper : il lui demande de retourner dans la résidence principale, prétextant qu'un individu dangereux aurait pénétré le périmètre du pavillon. Nebmaâtré y consent, mais demande à celui qu'il pense être un garde de lui amener un paquet depuis sa chambre, déposé sur sa coiffeuse... un paquet que Mery-Amon se fait un plaisir d'ouvrir, pour y découvrir tout le nécessaire pour se grimer en fantôme ! Pendant ce temps, Mérymès quitte ses appartements, khopesh à la ceinture : il réquisitionne trois gardes et quitte la résidence, suivi par Iouni qui ne parvient pas à les convaincre de le laisser les accompagner. À défaut, Iouni fait mine de se plaindre d'avoir vu un fantôme, à voix suffisamment haute pour qu'on puisse l'entendre depuis l'intérieur de la résidence, de sorte à ce que ses partenaires le rejoignent aussi vite que possible. De son côté, Mery-Amon rejoint Nebmaâtré et lui remet le paquet incriminant. Le fils de Néferka ne se cherche pas d'excuses. Il avoue de but en blanc avoir décidé d'incarner un fantôme pour terrifier son oncle, qu'il sait être à l'origine de sa tentative d'assassinat, mais la réaction de Mérymès a dépassé ses attentes. S'il dit être attristé par le sort des artisans ayant offert à Paser une juste sépulture, il ne peut que confesser sa satisfaction de voir son oncle infâme sombrer dans la folie...
Pendant ce temps, Aroueq et Alara expliquent à Néferka la raison de leur présence, en prenant soin de ne pas insinuer que Mérymès pourrait être coupable. Le vieux prêtre explique calmement que les euphémismes n'ont pas lieu d'être dans un cadre privé, les incitant à lui révéler ce qu'ils savent - ou pensent savoir. Bien vite, il s'avère que le chaînon manquant pour comprendre toute l'affaire n'est autre que Monthouhotep, qu'il convoque séance tenante pour découvrir la vérité. L'homme ne peut soutenir le regard de Néferka, avouant la vérité sans résistance : lorsque son fils a déserté le front asiatique, il fut envoyé aux mines du Sinaï en punition. Conscient qu'il ne pourrait tenir dans ces conditions, Monthouhotep accepta une offre indécente pour sauver son fils. S'il acceptait de témoigner contre Paser, la chair de sa chair serait épargnée par un officier ayant le bras long. Mérymès lui-même ! Aroueq insiste sur la piété paternelle dont a fait preuve Monthouhotep, suggérant qu'il serait juste d'être clément à son adresse, mais la colère de Néferka se retourne plutôt contre son frère, qu'il fait mander immédiatement. Malheureusement, un garde l'avertit que Mérymès vient de quitter le domaine !
En effet, aux portes de la résidence, Iouni éprouve toutes les peines du monde à retarder Mérymès. Conscient qu'il peut exploiter l'effroi que Paser lui inspire à son avantage, notre jardinier s'écrie qu'un fantôme hante les jardins. Mérymès le croit. Trop, en fait : l'ancien militaire dégaine son khopesh, hurle qu'il va se débarrasser de Paser, et quitte en trombe la résidence... en direction des quais. En vérité, Mérymès veut détruire la sépulture du scribe pour en finir avec ce qu'il pense être son fantôme. Sa forme olympique lui permet de semer une nouvelle fois Alara, lancé à sa poursuite, mais le groupe a bien anticipé ses mouvements. À cheval, nos protagonistes se rendent donc aux docks, puis prennent une barge pour gagner la sépulture de Paser, accompagnés d'une poignée de gardes de Néferka. Ils y cueillent Mérymès à son arrivée. L'homme, épuisé, ne peut guère offrir de résistance et se laisse emmener aux portes du domaine de son frère, permettant d'ailleurs à Iouni de récupérer son précieux khopesh. Le Grand Prêtre en personne s'y présente, pour remercier nos enquêteurs de leur travail, leur assurant qu'il lui revient maintenant de préserver Maât à sa manière. Dans un élan anarchique, Iouni brandit alors l'arme de Mérymès et fait semblant de vouloir s'en prendre au vieux prêtre. Des gardes se jettent sur lui, l'incitant à vite lâcher l'arme et plaider la plaisanterie, avant de s'en aller aussitôt. Il faudra bien des efforts à Nesamon pour calmer le jeu, mais les ressources du marchand et la valeur des services rendus sont suffisantes pour y parvenir. Ainsi, la vie reprend son cours pour Alara, Aroueq, Iouni et Mery-Amon.
Quelques jours plus tard, une sinistre nouvelle ébranle Ouaset : Mérymès s'est donné la mort. L'oraison funèbre célébrée par Néferka parle des justes qui meurent dans l'obscurité, et dont les actes de bonté ne seront pas oubliés lors de la pesée des âmes. Entre les lignes, celles et ceux qui ont découvert la vérité comprennent que ses prières s'adressent non à Mérymès, mais bien à ce pauvre Paser. Que vive son Kâ !