Personnages présents
- U.S.B., Occulteur Chroniqueur de Borca ;
- Tai Wa Misri, Hondo Fléau Afrikain d'origine Hyprispanienne ;
- Daktari, Guérisseur Anubien Afrikain ;
- Petr Vorbitov, Sapeur Hellvétique des Balkhans.
Date de la séance
18 septembre 2026
Déroulement de la séance
Le groupe arpente les plages de béton et de galets à travers la brume matinale de Morlaix. Seul un inquiétant silence émane des lieux, alors que la visibilité est réduite au-delà de dix mètres. Parel constate que les turbines installées dans les arches de l'antique Viaduc sont à l'arrêt - elles n'émettent aucun son. Afin d'accéder aux commandes du barrage, il invite le groupe à escalader les échafaudages qui mènent au sommet, à soixante mètres, mais Ampère craint d'être trop exposé en cas d'embuscade : il propose plutôt de gravir le sentier qui mène à un village de ferrailleurs bordant le viaduc. Ainsi, le groupe se sépare en deux, la grande majorité rejoignant Parel alors qu'Éris et Karol accompagnent Ampère.
Au pied du viaduc, Petr repère une petite boite noire suspecte. Après avoir pris moult précautions - qui sait s'il ne s'agit pas d'explosifs ? - le groupe s'en rapproche, et constate qu'elle est décorée d'un symbole rappelant la planète Pluton, peint dans un vert phosphorescent. À l'intérieur, le groupe trouve un curieux mélange d'algues malodorants, que Tai et U.S.B. goûtent par excès de confiance. Cette prise de risque semble cependant gagnante, tant ils se sentent immédiatement revigorés. Daktari comprend alors de quoi il retourne : cette bouillie infecte est un mélange d'antidépresseurs, d'antibiotique et d'anabolisants, prévue pour pousser un corps au-delà de ses limites. Il va de soi qu'une consommation régulière ne peut mener qu'à l'overdose.
Le groupe gravit les échafaudages, pour atteindre un transformateur adossé à une cabane, où Parel s’attelle à relancer la machinerie. Pendant l'opération, Tai perçoit d'étranges gazouillis venant de la forêt voisine, dont il identifie la provenance à l'aide de ses jumelles. Des oiseaux exotiques en provenance d'Hybrispanie semblent perchés dans les branches - une merveille manifestement hallucinée, car ses camarades ne les voient pas. Cette bizarrerie incite Daktari à pratiquer des tests neuropsychologiques rapides sur Tai, pour découvrir que son esprit semble avoir été manipulé : à la manière d'un schizophrène, le Fléau perçoit bel et bien ces éléments fabriqués par son cerveau, mais leur présence semble se manifester suite à la réception d'un signal. Du côté du barrage, quelque chose semble empêcher la remise en état des roues hydrauliques. Alors qu'U.S.B, Tai et Daktari descendent, ils aperçoivent la dépouille décapitée d'un Ferrailleur coincée entre les roues. Il ne s'agit pas d'un accident : la coupe est trop nette. Au-dessus d'eux, la tension monte de plusieurs crans lorsqu'un faisceau énergétique prodigieux traverse la zone sans toucher de cibles. Des silhouettes s'amassent à l'entrée du Viaduc. On dirait une embuscade !

Des Pictons d'Argyre se lancent à l'assaut, avec la ferme intention d'abattre le groupe. Dans la cabane, l'un d'entre eux - posté en embuscade - fond sur Parel et lui assène deux graves coups de morgenstern qui l'envoient au tapis, cependant que Petr libère le feu de son Défricheur sur l'assaillant bien plus robuste qu'escompté. Lorsque le Picton meurt enfin, d'autres submergent chaque côté du Viaduc, imposant au groupe une défense désespérée à coups d'explosifs et de rafales de fusils d'assaut. Un autre faisceau lumineux s'abat sur la cabane, détruisant partiellement ses murs - oui, son utilisateur vise bel et bien le groupe de son arme dévastatrice. Une voix retentit : avec un accent Britannien à couper au couteau, le sauvage intime l'ordre à "Hélios" de se rendre à son "maître" sans quoi "ils vont éliminer ses dormeurs". Un quiproquo ? Quoiqu'il en soit, nos protagonistes choisissent alors de battre en retraite par les échafaudages - malgré l'avertissement d'un Parel grièvement blessé, qui prévient que les échafaudages pourraient être pris pour cible. Plus loin, sur la colline bordant le Viaduc, des lumières s'activent : on dirait qu'Ampère a enclenché les lumières de sa combinaison pour fendre la brume... et terrifier les Pictons. La descente initiale se passe bien, Daktari portant Parel sur ses épaules, U.S.B. usant de son vocodeur pour effrayer les sauvages, pendant que Petr et Tai jouent de leur fusils d'assaut.
Malheureusement, la crainte d'un nouveau tir de l'arme énergétique pousse le groupe à prendre un raccourci qui lui sera presque fatal. À la suite de Tai et à l'exception de Daktari, tous tentent de descendre les échafaudages par les poutres qui les soutiennent, mais l'opération se veut trop risquée, lente et maladroite : les Pictons les submergent, les frappant de leurs armes aussi rudimentaires que létales. L'une des poutres cède même sous leurs attaques, laissant U.S.B. suspendu dans l'air. Par un étrange tour du destin, cependant, le tir ravageur tant redouté n'arrive pas : les échafaudages semblent sûrs et le groupe peut opter pour une défense, alors qu'une partie des Pictons se redirigent vers le sommet du Viaduc. Que se passe-t-il ? Difficile à dire, mais nos protagonistes sont trop heureux de profiter de cette diversion. Daktari et Tai précipitent des pictons à l'aide de leurs armes de corps à corps, Petr décoche une grenade flash qui en fait fuir une poignée d'autres, U.S.B profite de ces succès pour se hisser jusqu'aux planches et retrouver le groupe. Au sommet, un autre combat semble faire rage : la silhouette presque indicible d'un homme en pagne, coiffé d'un casque de bélier, fend les rangs des Pictons, tranchant net un esclave d'Argyre à chaque coup. Un allié ? À en croire ses appels à ce qu'on lui rende son "testament", rien n'est moins sûr...

Le groupe atteint finalement la plage, et fonce vers le sud pour tenter de retrouver Ampère, Karol et Eris, en sentant les Pictons sur leurs talons. Le Fiancé a d'ailleurs disparu ! En remontant la pente qui mène au Viaduc, ils tombent cependant sur Karol et Ampère en pleine défense contre les sauvages, le frêle Chroniqueur s'évertuant à porter la Jéhammétane inconsciente et blessée. Derrière eux, le Cornu d'Ariès continue sa funeste avancée, les Pictons s'effondrant comme des mouches à chacune de ses attaques. Le groupe réuni choisit de fuir en forêt, et si le premier quart d'heure leur est favorable - permettant même à Daktari d'effecuter des premiers soins sur les blessés - la suite se veut largement moins réjouissante. Petr et Tai se mettent d'accords pour filer chacun d'un côté différent, puisqu'ils portent tous les deux une parties du "testament" de Jéhammet, laissant au reste du groupe la chance de s'enfuir sans être poursuivi par leur prédateur implacable. Malheureusement, la panique vaut à nos deux courageux héros de se retrouver nez-à-nez... une aubaine pour le Cornu, qui ne manque pas de la saisir. Encore une fois, ils s'appuient sur leurs balles pour forcer leur adversaire à se cacher parmi les arbres, tel un fantôme insaisissable. Ils foncent ensuite dans la forêt pour retrouver le reste du groupe, toujours pourchassé. Lorsqu'enfin, le Cornu les rattrape et s'apprête à fendre Karol en deux, il suspend son geste à la vue d'Eris, manifestement troublé. Cette hésitation permet à nos protagonistes d'atteindre l'orée nord de la forêt, là où le froid et la glace ont pris possession des côtes. À l'horizon, ils aperçoivent le périscope du Fiancé - Poli a dû s'enfuir, et s'est même aventurée dans l'Atlantique. Elle y aurait repéré un iceberg qui n'a normalement pas sa place ici.
À l'intérieur du submersible, le groupe se reprend de ses émotions. La curiosité d'Ampère lui fait presque oublier ses blessures : cet iceberg, qu'est-ce qu'il fait là ? Il se souvient des chiffres et des données aperçus chez Shamash, et émet l'hypothèse que le "Néolybien" calculait le moment précis du détachement de l'iceberg depuis son point de départ, grâce aux relevés de température de la mer. Mais que cache cet iceberg ? En se rapprochant, nos protagonistes découvrent la présence d'un authentique sous-marin des temps anciens, pris dans la glace. Pas de doute, c'est ce que cherchait Shamash ! Il convient maintenant d'en suivre les traces.
Parel sou
haite participer à l'expédition, mais Petr l'en dissuade en raison de ses blessures. Seuls Ampère, Petr, U.S.B., Daktari et Tai posent pied sur la banquise et bravent le froid jusqu'au kiosque du sous-marin, sur lequel est écrit "Black Atlantic. 2066". Le béhémoth de métal semble fonctionner sur sa batterie de secours, car son moteur nucléaire doit être désactivé depuis plusieurs décennies. À l'intérieur, le groupe crapahute jusqu'à une étrange salle polyédrique composée d'écrans, qui s'allument lorsque tous sont présents. Un homme virtuel - que le groupe identifie comme Gerome Getrell, un membre du Recombination Group - les accueille en leur expliquant que cette salle "raffine" les penchants innés de chaque individu - probablement une référence à ces fameux profils mémétiques que Tai a étudiés. Le groupe est ensuite bombardé d'une succession d'images plus ou moins violentes qui s'enchaînent sans queue ni tête, puis une succession d'énigmes se déroule sous leurs yeux. Chacune demande d'identifier un des profils mémétiques sur la base d'une petite phrase. Sept questions s’enchaînent ainsi - les erreurs étant punies d'une décharge électrique, les succès récompensés d'une douce mélopée - jusqu'à ce que le système se fasse pirater par un tiers inattendu... Argyre le Vautour !

Le Maraudeur décharné déclare vouloir arrêter "Hélios" qui souhaite "le priver de sa vengeance contre Getrell". Il ajoute qu'Hélios - sans doute un autre nom de Shamash - souhaite "finir ce que Getrell a commencé". Il libère le groupe du piège du Polyèdre, puis lui intime l'ordre de réactiver le réacteur à fusion du sous-marin. Alors que le groupe atteint la salle de commandement voisine, il convient de savoir à qui se fier et comment procéder pour arrêter "Shamash" et son plan mystérieux...