Les Masques de Nyarlathotep : Post-Mortem

Dimanche 7 août 2014, notre groupe termine “Les Masques de Nyarlathotep” suite à une séance de 6h. L’an passé, j’avais déjà posté une critique de cette campagne sur Sens Critique, suivie d’une <a title="[Avis] Les Masques de Nyarlathotep" href=“http://www.anubisarchives.com/avis-les-masques-de-nyarlathotep/”>version longue sur ce blog.</a> Il est temps aujourd’hui d’étayer cet avis. Ce billet contient un résumé de la campagne, quelques informations statistiques et finalement, divers commentaires.

Autant vous prévenir tout de suite : ça va spoiler !

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Je me permets de poster les commentaires issus de la précédente version du blog, en groupe :

  • DDril a dit, le 2014-09-10 14:26:12 : Alors, je suis le joueur qui à louper une séance pour ceux qui s’en douterait pas. Mon avis de cette campagne : j’ai globalement pas aimé et je trouvais que nous ressemblions trop à des pions sur un échiquier. En lisant le message de notre ancien MJ, je vois qu’il nous a laissé une grosse liberté ce qui est pas étonnant de sa part.
    Mes parties favorites sont celle avec le Bunyp et les différents scénarios d’enquêtes. Nous avons clairement ressenti que cette campagne avait pour but de tuer un maximum de PJ, Le groupe de 3 qui est resté depuis le début vont continuer pour la suite évidemment; j’espère que ce sera plus calme quand même… Ce que j’en doute pas au dire de AVT.
    Je me souviens qu’on a tous eu des moments de rages face aux événements abusés et surtout… Des jets relativement mauvais de notre côté et parfois trop bon chez le MJ; mais dans le JDR, la chance à une partie intégrante. Perso je préfère le système Gumshoe qui demande pas systématiquement de réussir un jet pour trouver une solution.

  • Pierre Vanhulst a dit, le 2014-09-10 14:55:07 : Merci pour ton feedback.
    Par “des pions sur un échiquier”, tu veux dire quoi ? J’avais quand même l’impression que vous étiez très libres de vos mouvements. Si tu parles du sentiment d’impuissance par rapport aux machins qui vous tombaient sur la gueule, ça peut s’expliquer d’une part par la nature du JdR Cthulhu (la finalité, c’est que les personnages peuvent au mieux protéger un statut quo, au pire déclencher l’apocalypse) et d’autre part par la surpuissance excessive des antagonistes. Le second cas sera réglé dans les Oripeaux, mais pour le premier, ça risque de continuer comme ça.
    Apparemment, tout le monde a bien aimé le Bunyip. Tu l’as préférée à l’enquête de New York ou c’est avant tout un effet de contraste par rapport aux séances en Égypte ?
    Sinon, pour le manque de bol, heureusement qu’on a tweaké quelques règles de Gumshoe. Sinon ça aurait été encore plus catastrophique !

  • Netcheret a dit, le 2014-09-11 20:06:03 : On a déjà beaucoup comparé nos expériences parallèles sur cette campagne, mais je laisse un petit mot tout de même. Même si c’est difficile de dire, étant du côté des joueurs, ce qui est dû à une masterisation différente ou à la campagne elle-même… Ce qui m’a le plus déplu à moi ce n’est pas tant la puissance abusive des ennemis… du côté du joueur, quand on parvient à identifier un antagoniste (facile! c’est toujours le riche puissant qui a l’air amical et cultivé) on se rend pas forcément toujours compte de l’étendue de ses pouvoirs. D’ailleurs c’est bien ce qui nous permet peut-être de tenter quelque chose, parce que sinon on resterait pleurer de peur à New York. Et c’est finalement quand on réalise les forces ennemies en présence qu’on découvre qu’il est trop tard pour revenir en arrière. On ne peux que subir, impuissants, en se demandant comment les auteurs de la campagne pensaient raisonnablement qu’on puissent prendre du plaisir à imaginer une solution un tant soit peu envisageable. Au mieux on devient frileux, au pire on se lasse et on laisse tomber la campagne, comme nous.
    Mais ce qui m’a vraiment déplu à moi – et peut-être que mon sentiment découle en fait du problème dont on parle – c’est que, dès la fin de la partie à New York, il faut vraiment que les personnages soient particulièrement de bonne volonté pour continuer! C’est vrai, qu’est-ce qui nous pousse à suivre les traces de cette foutue expédition et se jeter dans la gueule d’un loup invincible et tentaculaire? Particulièrement quand les personnages se succèdent et qu’en terme de role play on voit pas trop quelle motivation peut les mouvoir… Après, on en a parlé aussi, de notre côté l’ambiance fin du monde et la notion de temps qui presse n’était pas rendu, ce qui peut jouer aussi.
    Au final j’étais très triste qu’on laisse tomber cette campagne en cours de route, mais je pense qu’on a bien fait. C’est dommage, mais on a pas mal gagné en plaisir de jeu. Et c’est particulièrement important quand on ne joue plus que très peu et qu’on essaye de “rentabiliser” ses séances :).

  • Pierre Vanhulst a dit, le 2014-09-11 21:38:27 : Merci pour le commentaire, je trouve très chouette qu’on puisse comparer deux tables en parallèle (par écrit aussi, ça incitera peut-être d’autres à participer au débat).
    Bizarrement, la question de la motivation des PJs n’a pas vraiment été posée durant notre campagne. Les joueurs et les personnages savaient que ne rien faire signifiait “APOCALYPSE !” et le groupe a toujours joué le jeu. Après c’est vrai que ça demande une forte “suspension consentie d’incrédulité” de leur part, tant les raisons qui peuvent pousser les personnages à continuer au-delà de New York semblent ténues. Une campagne moderne aurait sans doute inclus un ressort scénaristique consistant à amener les personnages à Londres : Silas, le tenancier de la boutique Ju-Ju, pourrait par exemple prévenir Gavigan qu’un groupe risque de s’intéresser à ses affaires et la Fraternité aurait alors des raisons d’assassiner les PJs à New York, poussant ceux-ci à réagir face aux risques.
    De mon côté, une de mes tâches consistait à trouver des justifications pour qu’ils ne puissent pas faire appel à l’armée ou à d’autres alliés trop puissants qui risquaient de réduire la campagne à une gueguerre “Marines américains vs Sorciers maléfiques des ténèbres du mal”. Les “Non mais en fait, le flic, i’ te croit trop pas” ont duré jusqu’à la fin de Londres. Shakti a fourni la deuxième partie des excuses : les forces de l’ordre étaient potentiellement tout aussi corrompues que les cultistes. Du coup, les PJs ont toujours continué à se frotter au danger en quasi-solo et la puissance des antagonistes devenait le problème principal. Et puis merde : il suffit de jeter un œil à n’importe quelle autre campagne de Cthulhu pour comprendre qu’il y a des interactions bien plus intéressantes à présenter qu’un rapport conflictuel constant.
    Enfin bon, comme tu le dis, mieux vaut peut-être s’arrêter en route que de continuer sur des bases moyennes, surtout quand il y a mieux à côté.

  • DDril a dit, le 2014-09-12 10:05:30 : Je parlais principalement de la surpuissance excessive de nos adversaires et où nous avions des choix du genre : fuir ou fuir. Mais bon, pas toujours possible pour tous !
    Je dirais avant tout un effet de contraste, New York était bien en soit, mais disons que pour moi, ceci était comme si on nous donnait un bonbon et après cela a plus rien à voir, vu que ceci s’intégrait intégralement aux événements du Pharaon Noir.
    Après un avis très personnel : si on veut présenter Cthulhu, je pense que cette campagne est à éviter. Vaudrait sans doute mieux choisir d’autres plus enquête car, perso, c’est ce que j’attendais d’un Cthulhu.

  • 3l3rgan a dit, le 2015-01-05 21:46:38 : Merci de ce compte rendu intéressant et de cette prise de position qui mérite qu’on la lise.
    Cependant, je ne souscrirais que partiellement à ce qui est dit. Il est vrai que l’on sent les racines 80s de la campagne dans certains passages à la létalité extrême si le MJ n’y prend pas garde. On peut citer les Mimis, mais j’y aurais aussi ajouté le tableau chez Miles Shipley, la porte vers l’Egypte antique ou la scène du Rituel de la Naissance.
    D’ailleurs, au sujet de cette dernière je ne partage pas le point de vue développé sur la Roliste TV consacrée au Kenya. Les faire passer par la case cérémonie et montée des marches (c’est sûr que le tapis risque d’être rouge) c’est les envoyer au casse-pipe car je ne vois pas bien comment ils pourront agir pour abattre le Rejeton avec des hordes d’adorateurs extatiques dans la caverne…
    Le charme de cette campagne tient essentiellement à son exotisme débridé et à son côté horreur-pulp.
    Concernant la lecture des livres, je ne pense pas qu’il faille soustraire la réussite des livres de celle du jet de Bibliothèque des Investigateurs. Il s’agit d’un jet d’opposition, pour laquelle la V6 précise qu’en cas de degré de réussite similaire, l’avantage revient au joueur. cela signifie simplement que le livre l’emporte si son degré de réussite est supérieur: le lecteur obtient une réussite et le livre une spéciale, par exemple, Ce cas peut se produire sur un résultat du grimoire entre 0-10 voire 0-18 pour les grimoires les plus ardus (le Texte de R’Lyeh, par exemple, et encore uniquement si le joueur n’obtient pas de son côté une spéciale. On est loin de tes 2.5% tout de même…
    Donc la magie est accessible, et compte tenu des plumes que l’on y laisse, elle ne devient jamais Donjuanesque, de mon expérience (une petite trentaine d’année sur le sujet ^_^)
    3l3rgan a.k.a Dweller on the Threshold sur TOC, et ailleurs…

  • 3l3rgan a dit, le 2015-01-08 17:36:00 : satané correcteur automatique… pas Donjuanesque, mais donjonnesque, vous l’aurez compris…

  • Pierre Vanhulst a dit, le 2015-01-13 14:18:38 :
    Hello, désolé pour le temps de réponse et merci pour ton commentaire !
    Il est effectivement possible que je me sois trompé dans l’interprétation des règles de CoC – après tout, je suis un newbie dans la masterisation Cthulienne. Le problème de la magie a vaguement été réglé lorsque nous sommes passés à ToC. Le système est plus coulant, ça me semble plus facile d’octroyer des sorts aux personnages tout en conservant la mainmise sur ce qu’ils peuvent faire. Même si dans le cas de ce groupe, la magie s’est limitée au Signe des Anciens.
    Concernant le Rejeton au Kenya, en effet, c’est un problème. On en a pas mal discuté avec les joueurs du groupe voisins (qui ont arrêté la campagne après cette scène). Le problème vient du fait que les joueurs sont là pour empêcher la naissance du Rejeton et qu’ils feront le nécessaire pour y arriver. Je ne sais pas trop quelle est l’ambiance autour des autres tables de Cthulhu, mais de notre côté, les joueurs étaient en mode “kamikaze” : réussir, quitte à mourir. Avec un tel état d’esprit, cette scène est un massacre assuré qui ne peut être évité qu’avec les bonnes grâces du MJ. D’autant que si les PJs réussissent, la mort du Rejeton rend la suite de la campagne moins dramatique.
    La naissance du Rejeton doit apparaître comme une sorte de fatalité et la seule satisfaction que doivent viser les joueurs, c’est d’arriver à sortir leurs PJs de là en vie. Du coup, si c’était à refaire, je m’assurerais que le groupe se fasse capturer par des adorateurs en qualité de victimes sacrificielles. Un changement d’optique, sans toucher au contenu.
    Sinon, comment se porte votre campagne ? Tes joueurs réagissent comme prévu ? J’ai vu que vous jouez depuis un sacré bout de temps.

  • 3l3rgan a dit, le 2015-01-26 08:39:05 :
    In fine, ce que je regrette est que la campagne soit plus “figée” qu’elle ne le paraisse. En fait, la Naissance du rejeton ou son Avortement in extremis, au même titre que le Rituel de Résurrection de Nitocris, n’ont pas de conséquences claires sur le Grand Final. En quoi cela gênera-t-il la cérémonie du 14 janvier ? Rien ne le dit…
    C’est là en fait que Sans Détours aurait surtout du intervenir, si réécriture, autre que “cosmétique”, il y avait à faire.
    Par exemple en faisant intervenir un système de “compteur de conspiration” des infâmes adorateurs de Nyarlathotep, qui descendrait (ou monterait) en fonction des succès (ou des échecs) des Investigateurs. En dessous d’un certain niveau, le Grand Rituel échouera quand bien même Penhew arriverait à ses fins (ex: l’engin part mais le Portail ne s’ouvre pas)
    . Cela donnerait du poids aux actions et aux renoncements des Investigateurs (“bon sang, on a raté le coche au Kenya, il faut absolument régler le problème australien”).
    La campagne se porte bien, merci ^_^
    Les Investigateurs poursuivent leur chemin en Australie, ayant manqué de peu de se faire dévorer par les crocodiles qui pullulent à Darwin, ils vont mettre le cap sur Port Hedland avant d’aller affronter les horreurs du Grand Désert…
    Un ralentissement est néanmoins à craindre, notre joueuse devant elle aussi mettre très prochainement au monde un Rejeton nettement plus sympathique…

last edited by AnubisVladTepas
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